Vendredi 30 décembre 2005
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( le 30 décembre et des flocons )
Aux minutes où le rosé varois et le fin givre rouge rafraichissent les lèvres humides des herbes folles qui achèvent leur nuit blanche, la majeure partie des pratiquants de notre saine Magie se trouvaient sur le pas remarquable de l’huis damasquiné de Nôstre chapêle.les bouches s’étaient joliment colorées de sourivelours, les yeux avaient rougi par le manque de sommeil, la cervelle s’était emberlificotée les pattes dans un vacarme intérieur de tous les diables et les idées trainaient leur semelle un peu en vrac.Un Mâconclave officivinal au village voisin des araignées viticoles, avait eu raison de notre soif et de notre endurance, nous entrainant de flacon en magnum et du tonneau au crachoir, dans l’étude approfondie des 365 neâubles bouteilles du fûmeux rosaire de SaintVincent,...
loin du temps et de l’espace qui rassure les âmes sobres.D’un décapuchonnage à un autre, nous avions lestement confronté, à grandes goulées, nos idées et impressions tastevignes, virevoltant sans trève de fleur de raisin en fleur de cep comme autant de bourdons besogneurs oeuvrant dans l’intérêt commun de notre ruche vineuse, exprimant amoureusement le miel de nos papilles passionnées, discutaillant avec panache et folie des vertus et vices de tous ces crus ourlés d’écarlate et lubrifiés de jus de rubis mordoré.« Mais à qui avais je bien pu confier le trousseau des clés de nostre édifice séculaire ? ».La morsure de l’hiver devenait de plus en plus féroce et nos doigts frigorifiés fouillaient dans nos poches en vain pour retrouver le passeporte en plomb qui nous manquait si cruellement. « Regroupons nos forces ! » s’écriait l’excommunicateur bridgeseven, « À contreventre nous tiendrons plus longtemps » hurlait à bout de forces la sœur caramèlite Minouche…
" à nous les Rois bouchons ! ! ! ! "Tels des manchots empereurs échoués sur les glaces subboréales, mes compagnons se serraient les uns contre le ventre des autres pour stocker la chaleur corporelle et limiter au maximum, la descente de notre mercure intime. Pour bien les garder serrés, le décapuchin Vanhamme avait noué une corde épaisse de fabrication zolaise autour de nos fidèles.Certains frères malchanceux ressentaient déjà les désirs impérieux de leur organe de toilette tandis que d’autres se récitaient à tour de rôle des extraits des « épitres aux moinsqueriens » par sainmadiran pour alimenter leur courage :
« Et tu verras les portes du cellier s’ouvrirent à ton approche, en vérité tu ne seras laissé assoiffé ou abandonné à l’entrée du royaume des simples bouchons… » C’est alors que les premiers rayons de l’astre diurne nous dévoilèrent la vérité resplendissante :
le trousseau était tout simplement resté pendu au chamberlain et les clés qui le composaient se balançaient doucement, bercées légèrement par le souffle du vent.Seule notre intense activité magique avait posé un voile sur nos yeux, nous masquant pour un instant la présence de la réalité crue.Nostre châpele était donc restée toute ouverte aux visiteurs pendant notre longue mâconvirée.C’est par la volonté de notre sainte vigne, que les dessous de l’ivresse étaient restés accessibles aux brebis égarées faisant de Nostre châpele un lieu de refuge
pour le salut des foies vagabonds.La bonne humeur s’engouffrait dans la châpele avec nos ouailles
et revenait avec elle notre soif dévorante et toutes nos envies gourmandes. Nous avions fort à faire, il fallait rallumer le poêle à grenache au plus tôt , faire chauffer les radiateurs à mourvèdre pour remonter la température dans la grande salle.
Aux grandes eaurgues, le chadoine Accordeur PasqualeNous jouait déjà une sarabande angevine tandis que la table des matières se chargeait d’un merveilleux petit déjeuner. Nos chers petits gargouilleaux minérales, à présent bien apprivoisés avaient cuisiné pour notre retour, des adorables croissants, dorés au moût de raisin, quelques beaux pâtés en crôute de rasteau et des sortes de brioches vénitiennes marinées dans l'eau de marc.
Le recteur désorganique venait de remonter des catacombes avec une palette de jeunes fitou encore vierges et déjà les verres se multipliaient plus vite que les pains.La nouvelle saison de Magie rouge et son cortège de prestivinifications s’ouvre sur une pratique plus intense que jamais,Nos coudes ont retrouvé leur vigueur, réchauffés par les belles flammes de notre système de chauffage spirituel et la prestance des serveuses cardinales du rituel tanique.
"Trinquage Trintch"
À la santé de nos clés et de nos serrures qui, par un humanisme insoupçonné, ne se ferment jamais complètement à la curiosité des âmes perdues en quête de salut rouge.
L'ABBÉ NICOLA
Par L'ABBÉ NICOLA
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Publié dans : CHAPÊLE DE MAGIE ROUGE
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